forget me not # 5 <voir un extrait>
Shingo Yoshida utilise le jeu comme métaphore
pour mettre en évidence les bizarreries et étrangetés
de l'organisation humaine.
Son travail est fondé sur l'observation des comportements.
Sa méthode consiste à repérer un "phénomène
naturel"qu'il perturbe par un "accident poétique"
: un objet créé et laissé par l’artiste dans le contexte
d'influence du phénomène.
Dans la vidéo Forgettable le phénomène
c'est elle : une vieille dame qui nourrit tous les jours des chats
errants dans les ruines d'un amphithéâtre gallo-romain de
Lyon.
Pour elle, Shingo Yoshida a fabriqué un accident
romantique: un chat en peluche qu'il a déposé au
centre de son aire de jeu.
Shingo Yoshida a attendu les réactions
de la vielle dame et il a filmé.
Shingo Yoshida travaille comme un voyageur sans atelier fixe. Il veut pouvoir considérer les villes du monde comme son espace de jeu et de création.
M.G.V.
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Shingo YOSHIDA < FORGETTABLE - forget me not #5 >
Mon travail se base sur une observation des comportements humains à travers mes experiences et mes souvenirs. Ainsi je m’intéresse aux notions de morale, de consommation, de réalité, d’absurde et à leur rapport aux régles de la société . Toutes les contradictions m’intéressent, et ce que je constate est un état de fait sur ces questions j y intégre des notions d’humour et d’ironie.
Depuis quelques années mon travail est principalement tourné vers le jeu comme métaphore de la société, mais aussi comme un moyen de mettre en avant ses contradictions et ses disfonctionnements.
Ces derniers temps mon intêret s’est orienté sur le ‘Phénomène’( comment le déceler pour mieux le mettre en avant) apparenté à la notion d’Accident’ dans le sens étymologique du terme ( du latin: accidens-"ce qui arrive")
Je veut provoquer l’accident dans le sens où je veux déclencher une réaction à travers des objets que je fabrique et que je place dans un contexte particulier. "Ainsi dans un monde désormais fort clos où tout est expliqué par les mathématiques ou la psychanalyse, l’accident est ce qui reste inattendu, véritablement surprenant, la quantité inconnue d’un habitat planétaire totalement découvert, suréxposé aux regards de tous, duquel l’"éxotique"a soudain disparu au profit de l’"endotique"que réclamait Victor Hugo, lorsqu’il nous expliquait que: "c’est au dedans de soi qu’il faut regarder le dehors".- terrible constat d’asphyxie. Paul Virilio
Ainsi dans ‘Forgettable’ mon dérnier travail vidéo, je décide de provoquer un "accident artificiel". J’ai donc confectionné pour elle , pour ses chats et pour moi (comme moyen d’entrer en communication avec elle) un chat en peluche que j’ai déposé au centre de son ‘ aire de jeu’ (l’amphithéatre des Trois Gaulles à Lyon) un lieu où il y a 1300 ans ont été suppliciés des chrétiens (dont sainte Blandine dévorée par les lions). Ce qui m’intéresse c’est que de cet accident provoqué, naisse un "accident naturel".C’est à dire qu’ à partir du moment ou j’abandonne l’objet dans le contexte que j’ai imaginé pour lui, on ne peux pas prévoir le résultat. J’ai attendu la réaction de la Dame et je l’ai filmée.
Si selon Aristote"L’accident révéle la substance", on pense que la réaction de cette dame en est, en quelque sorte, une démonstration.
Je travaille comme un voyageur, sans atelier fixe. Mon activité artistique dépend de l’endroit où je me trouve et permet d’identifier cet endroit. Je suis autonome, mon atelier est mobile. Je pense qu’il est primordial de pouvoir travailler partout dans le monde. Je veux pouvoir considérer les villes du monde entier comme mon espace de création, de jeu.
C’est de l’imprégniation du lieu que vient l’idée du travail et de l’objet à réaliser, pour engendrer l’accident.
Shingo Yoshida